Pour une politique de reconnaissance de la différence


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La revendication identitaire ne se satisfait plus d’un universalisme moral et politique qui n’a que trop souvent été le masque de pratiques de domination inavouées.
Une véritable politique de reconnaissance des différences doit être incorporée dans l’organisation de la société, car la reconnaissance est à la base du lien social. La justice sociale ne passe pas seulement par la redistribution, mais aussi par la reconnaissance. Elle appelle une politique de la reconnaissance de la part des pouvoirs public. […]
Les groupes identitaires ne doivent surtout pas être confondus avec les groupes d’intérêt. La différence qui existe entre eux est qu’un groupe d’intérêt peut parfaitement se constituer sans qu’il y ait d’identification mutuelle entre ses membres (pour qu’un individu rejoigne un groupe d’intérêt, il suffit qu’il partage le même intérêt instrumental que les autres membres du groupe). Bien entendu, les groupes identitaires peuvent aussi chercher à défendre les intérêts de leurs membres, et c’est ce qu’ils font le plus souvent, mais cette activité n’est qu’une conséquence de l’existence même du groupe ; elle n’en est pas la raison d’être. L’intérêt, en ce cas, n’est pas fondateur, il n’est qu’un dérivé de l’identité du groupe. Amy Gutman résume la différence en disant que, « la politique des groupes identitaires est liée à une idée de ce que sont les gens, tandis que la politique des groupes d’intérêt est liée à une idée de ce que veulent les gens ».
Source: Alain de Benoist, Qu’est-ce que l’identité


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